01 octobre 2006

Chapitre ?

D'un geste bref, l'homme rabbatti la longue mèche d'un blond sale qui lui tombait sur le visage avant d'essuyer negligemment ses lèvres du revers de sa main. Il se saisit des rennes de son canasson poussif qui lui tenait lieu de barque au milieu de cette mer de sable avant de ranger sa gourde au fond de sa besace usée.

Quant à la carte qu'il examinait depuis près de dix minutes, chacun de ses traits lui écorchait desormais les yeux. Mais au moins il pourrais maintenant s'en passer.

- Bon... Avec un peu de chance, j'y serais à temps.

Au fur et à mesure de son avancée, quelques batisses firent leur apparition au milieu de ces étendues de sable rougi avant qu'elles même ne laissent bientôt place à Ciudad Real alors que le soleil s'en allait se coucher.

En haut du belvedère sur lequel il se trouvait à présent, la ville s'offrait à sa vue comme jamais personne n'aurait pu s'offrir à lui. Des larmes auraient pu couler le long de ses joues abimés par le temps si ses yeux en auraient encore étés capables. Et surtout s'il aurait encore été capable de s'en émouvoir. Sur le port, qu'il pouvait appercevoir au loin, des marins s'affairaient en prévision d'un départ imminent. Une petite lueur sembla vouloir s'allumer dans ses yeux mais rien d'autre que les prémices d'un vaisseau qui pourrait y éclater ne se déclara dans son regard.

L'homme se resaisi alors subitement, comme sortant d'un terrible rêve dans lequel il n'aurait jamais voulu être plongé. Il déplia sa couche qu'il posa à même le sol avant de s'y effondrer, éxtenué par son long voyage qui touchait enfin à sa fin, et de se plonger dans un autre rêve probablement bien pire encore.
Alexis

Chapitre V

"Est-ce qu'il y a des rats volants dans les bateaux volants?"

Le soir, j'aime venir m'allonger sur la colline et regarder passer les navires. Je m'imagine qu'un jour, je pourrai quitter Ciudad Real dans l'un d'eux. J'ai toujours vécu ici et j'aimerais tant aller voir sir d'autres rivages si l'herbe est plus verte. Si je n'avais pas le vertige, je serais marin.

Je regarde passer les navires et m'imagine les endroits merveilleux d'où viennent leurs passagers, loin, ailleurs, de l'autre côté de l'océan. Comment vivent les gens, là-bas? Est-ce que, le soir, ils s'allongent sur une colline pour regarder passer les navires et rêvent de Ciudad Real?

Je regarde passer les navires mais, ce soir, ils ne respirent pas la quiétude habituelle. L'immense bateau volant, le vaisseau royal, qui me surplombe tangue de toutes parts. Pourtant, l'air est calme, ce soir... Il se passe quelque chose. Une attaque? Impossible, personne n'oserait s'en prendre à ce bateau-là ce jour-là.

Et pourtant. Pourtant, quelque chose vient de tomber. Quelque chose, ou peut-être quelqu'un.
Raph