Chapitre I
À Ciudad Real, petite ville cotière d'Espagne, tout le monde connaîssait Louis et son père. Des marginaux, vraisemblablement. Cet homme là ne pouvait être bon qu'a pêcher, disait-on. Quant à son fils, c'était peine perdue de vouloir lui inculquer quelque notion de savoir-vivre.
Un jour il avait même sali le tableau de sa classe de cours. C'était un poème avait-il dit. Il voulait juste un support pour écrire avait-il répondu a son professeur. Personne n'eut besoin de vérifier ses dires, comment un tel garçon aurait-il pu concevoir l'idée même d'écrire un poème ? Le professeur s'était empressé d'effacer ses lettres disgracieuses tracées à la craie blanche sur ce tableau qui aimait tellement rester noir.
Une autre fois il avait même voulu causer la mort de ce même professeur. Une vengeance, certainement, avait déclaré le maire qui, plus que tout autre, détestait le jeune garçon. "Alors comme ça mon garçon tu as essayé de tuer ton professeur ? Il a failli s'asphyxier en lisant ton poème à voix haute... tu aurais pu mettre au moins quelques virgules."
Louis avait toujours eu des soucis de dialogue avec son père, qui était muet. Il n'osait pas dire à quel point il souffrait de ce manque d'échange avec son fils. Trop de sentiments qu'ils n'osaient laisser paraître au grand jour avaient envenimés leur relation. Chaque jour le père de Louis partait, pour aller pêcher, et il emportait comme simple repas un pomme. Il disait que ça le changeait , que c'était son îlot au milieu de toute cette mer.
En revenant de l'école, Louis aimait rester a rêvasser, allongé dans l'herbe ou bien adossé à un massif de roses, à regarder la danse majestueuse de ces gallions et navires volants qui parcouraient la route du café au dessus de cette ville qu'il détestait autant qu'elle le détestait. Il s'imaginait à la tête de l'un d'eux, s'élançant dans le vide tour à tour esquivant des tempêtes ou glissant sur l'écume des nuages, et pensait avec amertume à cette vie de misère que lui faisait vivre son père, malgré lui. Il lui en voulait, bien qu'evidemment il savait que celui-ci n'en était pas coupable.
Les seuls moments où il pouvait s'évader de cette morne vie étaient ceux passés seul contre ces fleurs, et ceux passés avec ses trop rares amis. Ces moment passés en compagnie de gros Luluc, le fils du boucher spécialisé en agrumes, de trois ans son aîné, à refaire le monde et à chaparder ici et là. Magdelein, un vagabond qui vivait parmi les animaux, bien plus jeune qu'eux, les rejoignait parfois . Personne n'osait s'en prendre a gros Luluc, presque aussi imposant à seulement 17 ans que les hommes les plus forts de Ciudad Real. Quant à Magdelein, il avait cette sorte de fausse innocence qui lui valait de ne jamais être accusé de quelque forfait que ce soit, même si il était de notoriété publique que non, décidement, les enfants du village ne devaient pas traîner avec ce gosse là.
Un jour il avait même sali le tableau de sa classe de cours. C'était un poème avait-il dit. Il voulait juste un support pour écrire avait-il répondu a son professeur. Personne n'eut besoin de vérifier ses dires, comment un tel garçon aurait-il pu concevoir l'idée même d'écrire un poème ? Le professeur s'était empressé d'effacer ses lettres disgracieuses tracées à la craie blanche sur ce tableau qui aimait tellement rester noir.
Une autre fois il avait même voulu causer la mort de ce même professeur. Une vengeance, certainement, avait déclaré le maire qui, plus que tout autre, détestait le jeune garçon. "Alors comme ça mon garçon tu as essayé de tuer ton professeur ? Il a failli s'asphyxier en lisant ton poème à voix haute... tu aurais pu mettre au moins quelques virgules."
Louis avait toujours eu des soucis de dialogue avec son père, qui était muet. Il n'osait pas dire à quel point il souffrait de ce manque d'échange avec son fils. Trop de sentiments qu'ils n'osaient laisser paraître au grand jour avaient envenimés leur relation. Chaque jour le père de Louis partait, pour aller pêcher, et il emportait comme simple repas un pomme. Il disait que ça le changeait , que c'était son îlot au milieu de toute cette mer.
En revenant de l'école, Louis aimait rester a rêvasser, allongé dans l'herbe ou bien adossé à un massif de roses, à regarder la danse majestueuse de ces gallions et navires volants qui parcouraient la route du café au dessus de cette ville qu'il détestait autant qu'elle le détestait. Il s'imaginait à la tête de l'un d'eux, s'élançant dans le vide tour à tour esquivant des tempêtes ou glissant sur l'écume des nuages, et pensait avec amertume à cette vie de misère que lui faisait vivre son père, malgré lui. Il lui en voulait, bien qu'evidemment il savait que celui-ci n'en était pas coupable.
Les seuls moments où il pouvait s'évader de cette morne vie étaient ceux passés seul contre ces fleurs, et ceux passés avec ses trop rares amis. Ces moment passés en compagnie de gros Luluc, le fils du boucher spécialisé en agrumes, de trois ans son aîné, à refaire le monde et à chaparder ici et là. Magdelein, un vagabond qui vivait parmi les animaux, bien plus jeune qu'eux, les rejoignait parfois . Personne n'osait s'en prendre a gros Luluc, presque aussi imposant à seulement 17 ans que les hommes les plus forts de Ciudad Real. Quant à Magdelein, il avait cette sorte de fausse innocence qui lui valait de ne jamais être accusé de quelque forfait que ce soit, même si il était de notoriété publique que non, décidement, les enfants du village ne devaient pas traîner avec ce gosse là.
alexis.